vendredi 28 janvier 2011

Makeout Videotape: Only You

makeout videotape

Cette chanson était pas mal aussi, remarquez...



mardi 25 janvier 2011

Yes Know: Here, Somehow Together

yes know

Sur la compilation Weekly Magic Tape #9 de Fabien, le brillant Somehow Together de Yes Know est tel un discret pavé dans la mare dont le front d'onde voluptueux arriverait tant bien que mal à secouer les eaux calmes du petit monde musical actuel. Tel une ballade brumeuse d'inspiration shoegaze qui ne cache donc rien de ses origines géographiques (Mountain View, au sud de San Francisco). Une chanson folk spectrale qui finirait par s'enticher du To Here Knows When de My Bloody Valentine venu le hanter.

Ce titre discrètement fulgurant de l'inconnu Sandy Gilfillan - seul aux commandes de ce projet - est l'un des fers de lance d'une flopée de morceaux à télécharger temporairement individuellement. Des morceaux qui composent un album comme coupé en deux, révélant deux orientations bien distinctes. Avec d'un côté, des exemples soignés et épurés (What World) de bedroom folk niché en plein coeur de la Silicon Valley, mais à l'horizon pourtant dégagé (Crumble or Flow, These Waiting Years). Culminant avec un You & Me en forme de Stone Roses revisité par le John Matthias de Smalltown, Shining. Et de l'autre, des morceaux un cran au dessus, plus aventureux et touchés par une grâce rare: Somehow Together, donc, mais également Sometimes Somewhere et Roll. Ou encore le lancinant The Upward Stairs.

A l'écoute de Here, fantastique titre d'ouverture faisant la nique à Galaxie 500, The Jesus & Mary Chain ou Yo La Tengo, je ne saurais que trop encourager - voire conjurer - Sandy Gilfillan d'embrasser cette seconde voie.





lundi 3 janvier 2011

Young Prisms: Vol par Réfraction

young prisms

En bon stalker et fétichiste des groupes fétiches que je suis, je me suis complu dernièrement à épier les derniers balbutiements de la tournée des Young Prisms sur notre continent. Une fin de tournée qui est tout sauf une sinécure. Les éléments naturels se disputant aux aléas inhérents à une telle entreprise pour un groupe d'à peine deux ans d'âge. Les quelques mots mutins prononcés par Stefanie Hodapp lors de leur passage inespéré à la Flèche d'Or ne pouvaient présager ce qui se tramait et se profilait. Elle qui plaisantait (à moitié) en se voyant déjà coincée pour toujours à Paris avec ses compagnons, ne pouvait imaginer le chemin de croix qui les attendait, non pas à Paris, mais à l'aéroport de London Heathrow le lendemain. Loin d'imaginer qu'ils eussent pu être cloués au sol par un voile neigeux opaque, j'avais naïvement souhaité leur offrir une tempête blanche en bonne et due forme, quelques heures avant leur concert. J'avais prié pour voir chaque passant parisien englué dans une épaisse couche de neige et le visage giflé par un blizzard glacial. Comme gage de mon admiration sans borne pour ces fans invétérés de My Bloody Valentine, j'avais imploré le ciel que les-dits passants soient contraints de progresser têtes baissées en signe de dévotion, forcés de regarder leurs chaussures avec attention pour rester debout.

Je ne verrais mes voeux exaucés que pour une poignée de minutes car déjà les flocons laissaient place à une gadoue informe toute parisienne. Et plus tard je me trouverais à alterner entre petits pas sur les trottoirs et grands écarts pour enjamber des flaques bien dissimulées. Puni, je me retrouverais à piétiner et à pester en me coltinant l'interminable rue de Bagnolet, qui se parait pour l'occasion de ses plus beaux atours d'impasse grisâtre, pour finalement atteindre Notre Dame de l'Improbable et sa programmation à l'avenant. Car une fois sur place, il m'aura fallu une bonne dose de magnanimité pour ne serait-ce qu'accepter l'idée que l'on ait pu apposer (opposer) aux Young Prisms un groupe comme Ladylike Dragons. Pour ne pas sombrer avec le constat implacable que Paris n'a rien à proposer pour tenter de rivaliser. Un traquenard et une affiche malheureuse que l'on mettra sur le compte d'une mansuétude toute historique de la part de cette salle pour des groupes locaux.

C'est donc dans l'indifférence quasi générale d'un public ignorant le trésor qui se terre au fond de la salle (le LP de Friends For Now dont la date de sortie officielle chez Kanine Records n'était prévue qu'un mois plus tard) que les Young Prisms envahissent modestement la scène. Fidèles à l'image no gaze qu'ils projettent dans les inconscients, mais réservant une surprise de taille avec l'absence du guitariste de la première heure Jason Hendardy. Cette absence remarquée forcera le rescapé Matthew Allen, sorte de Lockett Pundt échappé des couloirs de lycée de Gus Van Sant, à en avoir sous les pédales pour palier seul à cette défection. Et permettra au groupe de diffuser un son moins massif, laissant une part plus belle aux voix entremêlées des membres présents. Notamment celle de Giovanni Betteo à la basse, plus que jamais dans un rôle de meneur de troupe ce soir-là. Et celle de Stef Hodapp, discrète avec ses faux airs de Mary Pearson (High Places), et pour le coup presque surexposée sur cette scène. Comme prise de nuit dans des phares de voiture. Le batteur Jordan Silbert, en retrait, et Matt Allen, planqué sous sa chevelure, cachant bien leur jeux vocaux, comme prévu.

Mais même en formation réduite, le son Young Prisms est là. Tendu et élastique. Heavy et éthéré. Leurs chansons sont comme autant de petits flirts frappés subitement par la foudre. Des morceaux qui voudraient perforer les plèvres pour se nicher dans les coeurs. Ou inversement. Ce samedi soir, j'aurais échangé dix ans de ma vie contre leur version de Dreamcatcher Panoramic pleine de fougue mélancolique. Et je me pris sur le moment à envisager un avenir radieux pour ce groupe précieux capable de transformer des jeux de regards en passion dévorante.

Surtout, cette nouvelle configuration donne envie de se passionner pour le présent de Young Prisms et délaisser un temps la relative mythologie entourant le groupe. De la période proto-Young Prisms dans un lycée de San Matteo au sud de San Francisco, au recrutement par le trio fondateur Betteo/Allen/Hendardy du batteur Jordan Silbert, en provenance du Michigan. De cet appartement un rien moisi mais fédérateur dans Mission District à l'élaboration du nom de groupe qu'on leur connaît actuellement (Young Money deviendra judicieusement Young Prisms avec une concordance des deux termes digne de Paul Auster, Hendardy relevant lui-même dans une précédente interview la coïncidence et rappelant le contribution du physicien Thomas Young aux sciences de l'optique). Des bancs des écoles d'art aux petits boulots pour financer le passage à l'âge Young Prisms. De leur adolescence suburbaine confinée derrière des stores vénitiens à leur jeunesse prismatique, auréolée d'une gloire naissante. De leur CD-R artisanal, mué en 12" inaugural par la grâce du label Mexican Summer, au fantastique LP Friends For Now. Un point d'orgue, déjà, pour ces jeunes autodidactes. Et l'aboutissement de deux années passées à polir les facettes de Young Prisms et éprouver la formule lors de concerts et tournées partagés en compagnie de contemporains flamboyants (les frères jumeaux spirituels Weekend, Pure Ecstasy, Real Estate, Ladylike Dragons). Des groupes qui ont certainement un peu déteint sur les Young Prisms, comme pourrait en témoigner ce These Daze - hébergé cette année le temps d'un split 7" avec Mathemagic sur le label Atelier Ciseaux - en forme de vibrante escapade du côté des Texans de Pure Ecstasy. Mais les Young Prisms gardent la main. Et si la palette rock à leur disposition reste primaire et universelle (shoegaze, psychédélisme heavy, noisy rock), leurs chansons brillent par une réserve et une singularité vicieuses.

Evidemment, Friends For Now et ses géniteurs ne manqueront pas d'être regardés de haut par des contempteurs criant au vol caractérisé. Mais, soyons bons joueurs, il faudrait plutôt y voir du vol par réfraction. Et dans ce cas, les meilleurs indices de cette réfraction seraient certainement des morceaux comme Sugar (dédicacé chaleureusement à Rémi d'Atelier Ciseaux à la Flèche d'Or) ou In Your Room, qui décomposent les références (My Bloody Valentine, Sonic Youth) autant que les influences inconscientes (Deerhunter, le néo psychédélisme de Pocahaunted). Celles-ci ressortent sous un angle nouveau, tout en gardant la même amplitude et restant en parfaite phase avec chacune. Les Young Prisms transforment toujours autant le bruit blanc en arc-en-ciel mais les irisations qui en résultent sont à leur tour délayées avec les couleurs pastel d'un chant discrètement omniprésent qui fait toute la force et l'originalité du groupe. Ainsi, les voix de Stef Hodapp et de ses comparses sont régulièrement noyées sous le déluge mais portent littéralement les meilleurs titres de l'album (If You Want To et Eleni, en tête). En tentant constamment de s'élever parmi le bruit, ces voix finissent par éclairer et irriguer chaque morceau. Les paroles semblent secrètement gardées. Leur contenu brouillé, leur portée estompée et leur signification diluée. Les Young Prisms maîtrisent comme personne la dynamique du mystère (Breathless) en charriant des parties vocales psalmodiées et des incantations païennes (Feel Fine, All Day Holiday).

On entre dans Friends For Now - et son titre en forme de constat plus désespéré qu'il n'y paraît - par le morceau du même nom, drone enfariné comme une matinée brumeuse. Rapidement enchaîné à If You Want To, incroyable brûlot addictif et bourrasque décoiffante à la beauté insondable. Rejeton turbulent du Sensitive de The Field Mice, claquant en quelques minutes l'héritage de ce titre dans la drogue. Suit Sugar, qui donne une version californienne du rock de Deerhunter avant d'être prise de convulsions à mi-parcours. Un titre à la peau blanche - sans être cireuse - dissimulant à peine l'ossature saillante du groupe d'Atlanta, et parsemée des tatouages californiens énamourés de Bethany Cosentino (Best Coast). Puis Eleni se charge de hanter, presque religieusement, un morceau de pure bravoure heavy.

Pierre angulaire en plein centre de Friends For Now, In Your Room est une plongée définitive au fin fond du monde Young Prisms. Un mélange bruyant de shoegaze viscéral et de psychédélisme épidermique, enregistré à Denver par James Barone (Tjutjuna) et qu'on imagine sous la haute bienveillance du local Woodsman et de son label Fire Talk. Un tire symbolique entre le couch surfing chez Baby Birds Don't Drink Milk et l'incruste dans les intérieurs luxueux des plus grands (My Bloody Valentine, Sonic Youth). Un titre révélateur de l'état d'esprit et des conditions dans lesquelles ont été enregistrées les pépites de Friends For Now. Le groupe s'est en effet souvent répandu sur cette notion de songwriting collectif qui avait plané tout du long de l'élaboration du disque entre Denver et le studio de Monte Vallier à San Francisco - ce dernier ayant aussi vu Shaun Durkan et ses Weekend prendre leurs quartiers pour l'enregistrement de Sports. Les membres de Young Prisms ont régulièrement reconnu que les moyens mis à leur disposition leur avaient enfin permis de jouer à fond la carte de la cohésion, loin des premiers enregistrements lo-fi du groupe. Avec pour brillante illustration cette relecture léchée de Feel Fine, reléguant la version d'origine présente sur leur premier EP (en compagnie d'autres merveilles touchantes comme Dreamcatcher Panoramic et Weekends and Treehouses) à un rôle de démo.

Cet esprit collectif aura perduré - au moins - jusqu'à la finalisation de Friends For Now. Jusqu'à l'épilogue Stay Awake, étonnante comptine spectrale bricolée qui doit autant à Grandaddy qu'à Cocteau Twins (heureusement). Bienvenue aux confins du monde Young Prisms: une côte claire obscure et rocailleuse, érodée par un océan d'insouciance.








dimanche 12 septembre 2010

Not Just a Ghost's Heart

songs:ohia

L'une des meilleures chansons tirées d'un des meilleurs albums de tous les temps. Not Just a Ghost's Heart de Songs:Ohia étale toujours autant sa force implacable et vous fait vous sentir ce que vous êtes. De toute façon vous n'êtes rien face à Ghost Tropic. Un album dangereux et salvateur.

mercredi 8 septembre 2010

Mathemagic // Young Prisms Split 7"

mathemagic//young prisms

La nouvelle petite merveille du label français Atelier Ciseaux est un split 7" rassemblant Mathemagic et Young Prisms. Ces derniers qui ont pour habitude de transformer le bruit blanc en arc-en-ciel reviennent ici avec These Daze, une surprenante balade shoegaze psychédélique et claire-obscure, délocalisant The Jesus & Mary Chain en Californie. Et offrent ainsi un écho troublant à la chillwave rêveuse du célèbre Breaststroke de Mathemagic, pour la première fois ici en vinyle.

Cerise sur le gâteau de ce split: le délicieux Ivory Coast et sa dream pop tropicale, disponible en téléchargement avec la copie physique du split. Un morceau inédit de Mathemagic, emblématique du talent indéniable du trio de Guelph, Ontario formé par les frères Euteneier et Karen Jacobs de Free Kisses.

La pertinence de l'alliance à priori contre-nature entre Mathemagic et Young Prisms est parfaitement mise en lumière par les vidéos officielles des New Yorkais d'Eyebodega réalisées pour l'occasion. Chacune magnifiant les caractéristiques de leur morceau. Alors que le charme mystérieux du fantastique These Daze opère de façon encore plus glaciale et irréelle, Breaststroke y apparaît encore plus chaude, colorée, et hypnotisante. Des réussites sur toute la ligne.







Commandez tout ça chez Atelier Ciseaux, Rémi se fera un plaisir de vous l'envoyer.


lundi 6 septembre 2010

Abe Vigoda: Before Crush

abe vigoda

Finalement il me semblerait fort que je ne pense plus vraiment être aussi convaincu que ça, au bout du compte, par les nouvelles orientations d'Abe Vigoda sur le futur Crush à venir en septembre. Encore que sur Throwing Shade, après plusieurs écoutes, il se pourrait quand même que si, après tout. A une errance près en fin de morceau, remarquez.

Et j'ai aussi vaguement l'impression de ne pas avoir une envie monstre de retrouver, bizarrement, quelque chose du groupe originel. Si c'est pour se coltiner ce passage Skeleton du pauvre sur Dream of My Love (Chasing After You), pourtant pas si inintéressant que ça à priori. Et surtout, surtout, je ne voudrais pas avoir à cautionner une mort par ennui des membres du groupe eux-mêmes quand ils répéteront ou joueront un jour To Tears.








dimanche 5 septembre 2010

Porcelain Raft - See Through



Les chansons bouleversantes de Mauro Remiddi aka Porcelain Raft sont emplies d'un dynamisme proche de celui rencontré chez Atlas Sound, tout en étant parfois bercées par des mélodies aux textures que ne renierait pas Lockett Pundt sur son projet Lotus Plaza. Moins lourdes de sens que chez Bradford Cox mais guère moins lourdes de conséquences au niveau émotionnel. C'est donc sans surprise que la bedroom pop de Porcelain Raft s'immisce dans mon intérieur.

Jusqu'à présent, ces chansons qui faisaient régulièrement partie des meubles avec une facilité déconcertante, se fondaient dans mon mobilier et partageaient mes habitudes (et après lecture d'une de ses interviews, j'imagine volontiers Mauro Remiddi jubiler à cette idée). Mais à présent, celles-ci peuplent un intérieur rachitique. Tip of Your Tongue, shoegaze en apesanteur plombé par une certaine délicatesse vicieuse, regarde (encore plus que les siennes) mes chaussures amassées dans une entrée tristement vide. Les notes de Gone Blind résonnent d'avantage et se répercutent presqu'à l'infini sur des murs blancs à peine maculés délimitant une vaste pièce dans laquelle les cartons répondent aux meubles désarticulés.

Fidèle à sa méthode, Mauro Remiddi sort une nouvelle chanson accompagnée de sa traditionnelle vidéo. Le tout bouclé en un jour. Dans la même veine que Dragonfly précédemment, la bien-nommée See Through et sa pudeur noire mettent à l'épreuve ma résistance à mes propres sentiments. Toutes deux braquent mon intérieur, cette fois mental, et en dresse un état des lieux impitoyable. Me laissant seul à seul avec lui. Un intérieur mental rachitique et sonnant le creux. Habité par des sentiments anonymes confinés dans des cartons éparpillés aux quatre coins de ma tête.







samedi 4 septembre 2010

dimanche 15 août 2010

Mount Plesant: Street Heat

mount pleasant

L'ange complexe Mount Pleasant revient nous fasciner avec cette chute inattendue d'un enregistrement live d'un nouveau Street Heat. On n'avait rarement vu Jonathan Phillips aussi organique. A la fois percutant et aérien. Tout et son contraire, donc, comme souvent avec lui.



samedi 14 août 2010

Mount Pleasant: The Flood

mount pleasant

Comme à l'accoutumée avec Jonathan Phillips, son bien nommé The Flood est une aubaine pour écrire tout et son contraire à propos de Mount Pleasant. Ce LP digital, à nouveau très dense et mouvementé, permet cette fois de saisir le Néo-Zélandais titubant entre des exercices d'electronica minimaliste à forte teneur émotionnelle (Permanent Vacation) et des expérimentations plus revêches (Saint Sebastian, Metal Version For Tobias J. Brockies, Shrines), hermétiques et souvent dangereuses. Offre la possibilité de le voir badiner au milieu d'échappées krauty (Roman Empire) et tropicales (Zimbabwe Cock Fight II). De se languir au son de dubs en apesanteur (Real Riddims (Demo #6), Secrets Riddim).

On y découvre un Jonathan Phillips aux prises avec certaines de ses obsessions musicales. Oscillant entre un hommage poli à Stevie Nicks et Fletwood Mac (Sara) et une reprise de I'm On Fire, noire jusque dans ses tréfonds, de son héro Springsteen. La route empruntée par Phillips sur The Flood apparaît sinueuse mais souvent jalonnée d'embardées réjouissantes. A l'image de Distance ou In the City. Et surtout, Mount Pleasant nous laisse sur une sorte de miracle pop avec In Dreams Final. Comme la reprise de Roy Orbison qu'elle est. Mais également comme une chanson hantée déformée par un rictus béât.








Télécharger librement toute la discographie de Mount Pleasant sur son blog.



jeudi 5 août 2010

Max Alper: couldhavekilledbees

max alper


Tout ça m'a donné envie de me replonger encore et encore dans le toneclusterfuck de Max Alper. Depuis peu, le morceau les plus en apesanteur (et accessoirement l'un de mes préférés) de cet album mémorable sert de fond sonore à cette magnifique vidéo.



Télécharger toneclusterfuck



mercredi 4 août 2010

Yellow Ostrich: How to Undress Well

yellow ostrich

Sans le perdre de vue, j'avais quitté Alex Schaaf aka Yellow Ostrich sur un Mary splendide et aussi sexy qu'une épaule à la peau claire sur laquelle s'agrippe une bretelle de soutien-gorge dévoilée négligemment. Vue de l'esprit ou non, l'entremêlement de voix de In the Past I Was an Astronaut sur Fade Cave, le nouvel EP encore plus dénudé d'Alex Schaaf, fonctionne comme une piqûre de rappel des beautés multiples de Mary.

A bien réfléchir quelques secondes sur cette nouvelle sortie du natif du Wisconsin, il n'y a rien eu de plus bouleversant depuis Person Pitch de Panda Bear. Et pourtant, il y a de fortes chances que Noah Lennox n'arrive plus à la hauteur de compositions comme Firefly ou Getting Lost/Staying Lost. Ne parvienne plus à suivre le rythme de I'll Run, dont l'exubérance réservée et les dernières mesures clôturant du même coup cet EP sont belles à pleurer. N'essaie même plus de démarrer un de ses futurs albums à la manière de Bread (une ouverture évoquant d'ailleurs, comme un pied de nez, quelques lignes du Walkabout de Atlas Sound) et de tutoyer les anges comme de rien.

Agrémenté d'un Fog déjà entendu précédemment mais retravaillé pour l'occasion, le premier de trois EPs à venir sous peu est un chef d'oeuvre comme on en croise peu. Ce Fade Cave à l'hallucinante force liminale résout en cinq minutes des problèmes existentiels soulevés depuis des années. Et sa simplicité désarmante, bâtie autour de la voix d'Alex Schaaf et d'une seule boîte à rythmes, de placer les choses capitales au coeur du débat. Ces chansons indispensables sont juste magnifiques toutes nues.





Télécharger librement Fade Cave EP




lundi 2 août 2010

Dazzle Ships: Least Resistance

dazzle ships

A présent en couple avec sa petite amie Hatii De Leon au sein de Dazzle Ships, Tyler Haran de Twin Lion, seulement vingt ans au compteur, aiguise comme jamais son sens de la mélodie. Chaque morceau du duo californien est tranchant comme une lame froide, et soyez sûrs d'y trouver quelque chose d'irrémédiablement addictif.

Que ce soit la profondeur glaciale de la cold-wave (Least Resistance). La candeur cynique de la dream pop avec le chant nonchalant et espiègle de De Leon. La twee-wave claire-obscure de Golden Glow débauchée chez Captured Tracks (Paradise). Ou encore la batterie sourde et des guitares épileptiques entendues chez Blank Dogs (The Colors Blend) aux côtés des riffs simplement lumineux de Beach Fossils. Cette alliance rêvée entre Blank Dogs et Beach Fossils est particulièrement perceptible et prend toute son ampleur sur l'incroyable démo de Spell On Me, leur morceau le plus dense et emblématique.

L'excellent 7" Least Resistance paru il y a quelques mois chez Family Time Records (Twin Lion, Ancient Crux, Deep Sht, Norse Horse, No Paws, Kevin Greenspon) bénéficie d'un son plus étoffé et presque propre. Mais il ne dérogera pas aux règles en vigueur chez ces gamins surdoués.









vendredi 30 juillet 2010

Terror Bird: Pour qui sonne le glam

terror bird

Même s'il représente pour eux une avancée prudente mais tangible, le EP Shadows in the Halls sorti chez La Station Radar et Atelier Ciseaux est une introduction parfaite à l'univers de Terror Bird, duo synth-glam lo-fi de Vancouver. Alerté par le morceau-titre et par les plus discrets mais captivants I Love No et Lament, je me suis donc plongé à rebours dans leur précédente cassette Sociopaths Are Glam et sa pochette évocatrice.

Evocatrice, car la chanteuse Nikki Never n'a jamais nié ni renié son attirance pour le glam rock. Ce dernier n'étant rien d'autre qu'une histoire de cabaret outrancier où minaudaient des dandys (facticement) transgenres, la musique de Nikki Never et de son compagnon Jeremiah Haywood semble toutefois s'en écarter puisqu'elle nous convie à un spectacle sombre et claustrophobique, sans aucun decorum: des sociopathes animent à présent des marionnettes dans leurs chambres sombres et se déguisent seuls devant leurs glaces faiblement éclairées. Le glam n'est plus grimé mais naturellement blafard.

Les morceaux de Terror Bird laissent des impressions multiples et génèrent des sentiments contradictoires, tout en évoquant des collisions et des collusions hors-normes. Alors s'il est de bon ton de forcément trouver de la pop 8o's et de la new wave dans ces chansons, il est également possible d'y dénicher Depeche Mode chez Italians Do It Better (Dumb Sick) ou d'y rencontrer des Fiery Furnaces enfin humbles et réservés (Beat Off Queen, The Summer of Ages). Et l'on jurerait même entendre poindre de façon incongrue de la kiwi-pop languide chez Twisted Charm (Box Office Boyfriend) ou des claviers très Look Blue Go Purple un peu plus loin. Car l'un de leurs tours de force réside dans cette capacité à faire ressortir des obsessions musicales, en toute irrationalité.

Lien de cause à effet ou non, des visions encombrantes du passé (musicales et au delà) resurgissent avec la musique de Terror Bird et instillent de fait un certain mal à l'aise chez l'auditeur. A mille lieues des rejetons de Disaro, Never et Haywood foutent cent plus les jetons en composant des morceaux souvent anxiogènes laissant apparaître le blanc de leurs os. Des morceaux qui sont comme autant de petites menaces habillées d'un noir qui pourrait se révéler dangereux. Ainsi le duo n'est-il jamais aussi convaincant sur Sociopaths Are Glam que lorsqu'il anémie et assombrit le clair-obscur Nine Million Rainy Days de The Jesus & Mary Chain, livrant une version magnifique en choisissant le côté obscur. Ou lorsqu'il passe Bronski Beat au cirage et les contraint à marcher au pas sur un rythme martial (Smalltown Boys).

Afin de mieux se jouer des règles formatées de la synth-pop sombre et lo-fi, Terror Bird ose alterner ses penchants noirs avec ce qui ressemble à de légèreté. Une légèreté à laquelle personne ne croit et qui, dans mon cas, glacerait encore plus le sang. Mais parfois cette facette plus pop se fait déborder par une théâtralité trop prononcée et certains titres (Even When en tête) sèment le trouble. Et forceraient presque à écarter Sociopaths Are Glam pour un temps, afin de se préserver. Afin de dissiper le malaise et éviter ainsi de se recroqueviller et se tortiller de douleur à son écoute.

C'est précisément cette exubérance suspecte que Terror Bird arrive à mieux dompter sur le EP Shadows in the Halls. S'accordant un son plus dense, à la limite de l'allégresse (à l'image de I Love No) et comptant sur les badinages vocaux de Nikki Never (Shadows in the Hall). Surtout, Lament est une conclusion parfaite. Avec son côté Sonic Youth "sorti du diable vauvert", voici une chanson à l'aise dans le petit monde des complaintes drone-pop synthétiques. Balayant le côté cabaret qui pendait au nez de Terror Bird. Pour toujours?








mercredi 28 juillet 2010

Weed Diamond: Mint in my Mouth

weed diamond

Un jour ou l'autre, je vous parlerai forcément de Weed Diamond. Derrière lequel se cache Tim Perry, un homme moins invisible depuis cette précieuse interview chez Hellhole Entrance.




lundi 26 juillet 2010

Erasers: Death Mix

rupert thomas death mix

Le Death Mix de Rupert Thomas pour le blog Death of A Disco Dancer est une tuerie offrant une petit aperçu, entre autre, d'une partie de la scène musicale de Perth. Pour l'occasion, chaque titre est agrémenté de commentaires par la moitié de Erasers et je suis ravi de le trouver peu tendre avec New Order mais plus qu'attendri par Movement. On est au moins deux.

The Ghost of 29 Megacycles - Dusted
Craig McElhinney- Surfer Realisation
Cease - Three
The Wednesday Society - Pedant
Explode Into Colors - Sharpen The Knife
Gold Tango - Just An Experiment
Tickley Feather - Natural Natural
Wind Waker - Jerka
Downtown - Dumped
New Order - Truth
Predrag Delibasich - The Serpent Bites the Young Lion


samedi 24 juillet 2010

Erasers: Perth et Fracas

erasers

En écoutant la compilation An Empire of Fun du label Solid Melts, je suis tombé raide dingue des mathématiques psyché-poétiques de Erasers sur le morceau You Can Take Better Care of Yourself. Ce morceau est une petite secousse tellurique attirant l'attention sur ce duo de Perth en Australie. Une ville qui a dorénavant trouvé son incroyable talent.

You Can Take Better Care of Yourself et les autres titres jusqu'alors entendus ici ou là et présents sur leur première sortie ultra confidentielle ou sur le récemment acclamé Autumn EP, sont des condensés fracassants du talent de Rupert Thomas et Rebecca Orchard. Les géniaux insolents se permettent le luxe de composer des vignettes psyché-drone (à peine 3-4 minutes) au confluent du post-punk minimal et du krautrock allégé (Autumn Trees), à mi-chemin entre le math rock du premier Foals et drone-pop fragile (You Can Take Better Care of Yourself, Outside Environment), sur lesquels se disputent en toute entente boucles de guitare, rythmes tribaux, et chant de diaphane fatale.

Après cette entrée tonitruante au panthéon des hallucinantes découvertes de l'année (Gauntlet Hair, Yellow Ostrich et Yu(c)k en tête), et malgré une discographie encore difficile à cerner, je suis prêt à miser gros sur Erasers.







jeudi 22 juillet 2010

Yu(c)k: Les Parenthèses Enchantées

Yu(c)k

Il y a peu, les londoniens de Yuck avaient laissé une empreinte tenace avec Georgia. Avec ses airs de chanson de Yo La Tengo assaisonnée à la sauce twee aigre douce, ce morceau enlevé était un titre pichenette derrière l'oreille de The Pains of Being Pure At Heart. Plus récemment encore, le groupe ajoutait des parenthèses à son nom le temps d'un Automatic de toute beauté, minimal et aérien. Et Yu(c)k de tourner le dos à son ancien patronyme et ses précédents titres, comme le 90's friendly Sunday ou un Suicide Policeman encore plus classique.

Avec ces parenthèses enchantées, Yu(c)k explore à présent un monde musical situé entre pop minimaliste et shoegaze spectral. Et cette année il n'y aura aucune chanson plus belle que Automatic, Daughter ou Weakend (contre lequel j'échangerais sans regrets la discographie de Beach House), toutes rassemblées sur le EP Weakend. Un véritable don du ciel (la plupart des titres de Yu(c)k disponibles à ce jour sont d'ailleurs en téléchargement libre sur leur blog) et une réussite magnifique.








http://www.myspace.com/yuckband